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L'accès à un vaccin contre le coronavirus non négociable pour la France
information fournie par Reuters 14/05/2020 à 21:53

(Actualisé avec entretien Macron-Hudson mardi à l'Elysée)

PARIS, 14 mai (Reuters) - La France a estimé jeudi que l'égal accès de tous les pays à un éventuel vaccin contre le coronavirus n'était pas négociable et qu'aucune nation ne devrait en avoir la primauté pour des raisons financières, après les propos attribués au patron de Sanofi SASY.PA .

Dans une interview publiée mercredi par l'agence Bloomberg, Paul Hudson, directeur général du laboratoire français, a déclaré que les Etats-Unis seraient prioritaires dans la fourniture d'un éventuel vaccin. "Le gouvernement américain a le droit de prendre les plus grandes précommandes car il s'est investi dans la prise de risque" liée à la recherche et au développement de ce vaccin, a-t-il dit selon Bloomberg.

Cette déclaration a suscité l'émoi, notamment en France où le Premier ministre, Edouard Philippe, a indiqué sur Twitter que les vaccins qui seront trouvés contre le COVID-19 relèveront d'un "bien public mondial".

"L'égal accès de tous au vaccin n'est pas négociable", a-t-il ajouté. "Je viens de le rappeler à Serge Weinberg qui préside Sanofi, cette grande entreprise profondément française. Il m’a donné toutes les assurances nécessaires quant à la distribution en France d’un éventuel vaccin Sanofi."

Emmanuel Macron s'est quant à lui "ému" des déclarations de Paul Hudson, a fait savoir l'Elysée.

Le chef de l'Etat recevra mardi à l'Elysée le directeur général de Sanofi, a par la suite annoncé la présidence de la République.

Interrogé dans la soirée sur France 2, Serge Weinberg a assuré que les propos de Paul Hudson avaient été déformés et que les Etats-Unis ne seraient prioritaires que pour un éventuel vaccin fabriqué dans les usines de Sanofi sur le territoire américain.

L'UE INVITÉE À SE MOBILISER COMME LES ETATS-UNIS

"Je vais être extrêmement clair: il n'y aura aucune avance particulière d'aucun pays", a dit le président de Sanofi, en assurant que la priorité accordée aux Etats-Unis concernerait uniquement "nos usines américaines, en aucun cas (...) nos usines françaises et européennes".

"Nous mettons tout en oeuvre (...) pour que l'ensemble des pays, pas uniquement les Etats-Unis, (...) soient servis en même temps", a-t-il ajouté, en soulignant que les capacités de production de Sanofi étaient "beaucoup plus importantes en dehors des Etats-Unis qu'aux Etats-Unis".

Interrogé sur l'éventuelle gratuité d'un tel vaccin en tant que bien commun, Serge Weinberg a répondu qu'il s'agissait d'un sujet "compliqué" en raison des investissements nécessaires mais qu'un éventuel vaccin, dont il envisage la production à partir de fin 2020 ou début 2021, serait "extrêmement accessible".

Réagissant auparavant à la polémique, Paul Hudson s'est pour sa part déclaré jeudi convaincu que des progrès seraient accomplis dans la recherche d'un vaccin en collaboration avec la France, l'Allemagne et l'Europe, qu'il a néanmoins appelées à renforcer leurs capacités.

"Je fais campagne depuis des mois pour que l'Europe se prépare à affronter le COVID 19 (...) à renforcer ses capacités, à nous assurer que nous sommes prêts", a-t-il déclaré, se disant désolé que ses remarques aient soulevé une telle polémique mais jugeant le débat nécessaire.

"Ce que j'essaie de dire partout où je vais, c'est que les Etats-Unis ont la BARDA (l'Autorité américaine de recherche et de développement en biologie médicale avancée, NDLR), un organisme prenant de l'avance sur ces choses et qui collabore en amont avec le secteur pour s'assurer que tout soit prêt et que les capacités nécessaires sont renforcées", a-t-il ajouté.

Sanofi travaille actuellement à deux programmes de développement d'un vaccin contre le COVID-19, dont l'un en partenariat avec le britannique GlaxoSmithKline GSK.L qui bénéficie du soutien financier de la BARDA, qui est rattachée au département américain de la Santé.

D'après un document consulté par Reuters, la Commission européenne réfléchit à mobiliser un fonds d'urgence de 2,4 milliards d'euros pour renforcer la capacité des laboratoires pharmaceutiques en Europe afin d'éviter que le bloc ne se retrouve démuni lorsqu'un vaccin contre le coronavirus aura été trouvé.

(Rédaction de Paris)

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